J'étais là .



J'étais là tu vois lui à côté de moi
On avait 6 ans
On jouait comme des enfants au docteur
Au docteur
J'étais là je voyais sur son corps les plaies les marques les bleus
J'en croyais pas mes yeux
Mes yeux
Et lui qui me disait j'suis un dur
Tu vois les brûlures là sur mes bras ?
J'les sens pas
J'les sens pas
J'étais la j'ai rien dit
Et puis j'suis partie de chez lui
Si j'y suis retournée ?
Plus jamais
Plus jamais
J'étais là comme lui j'avais 15 ans à peine
On était dans la cave chez ses parents
Je l'aimais tant
Faut dire qu'il était beau
Mais il se piquait mon héros .... à l'héro
J'étais là quand sa mère est venue me dire
<< C'est fini ... on l'enterre lundi >>
Lundi
J'ai pleuré bien sûr oui j'ai pleuré
Puis j'ai recommencé à traîner dehors
Dehors
J'étais là en octobre 80 après la bombe Copernic
Oui J'étais à la manif
Avec tous mes copains
J'étais là c'est vrai quand n'y comprenait rien
Mais on trouvait ça bien
ça bien
Oui j'étais là pour aider pour le sida, les sans papiers
J'ai chanté
Chanté
Sûr que j'étais là pour faire la fête,
Et j'ai levé mon verre à ceux qui n'ont plus rien
Encore un verre on n'y peut rien
J'étais l devant ma télé a 20 heures
J'ai vu le monde s'agiter
S'agiter
J'étais là juste au retour de la Somalie du Bangladesh et du Rwanda
J'étais là
J'ai bien vu le sort que le Nord réserve au Sud
Bien compris le mépris
J'étais là pour compter les morts
J'étais là et je n'ai rien fait
Et je n'ai rien fait
J'étais là pourtant
J'étais là et je n'ai rien fait

  J'étais là .

# Postato sabato 14 novembre 2009 14:23

Modificato sabato 14 novembre 2009 15:52

C'est aussi ici.

C'est aussi ici.

# Postato sabato 03 ottobre 2009 13:35

Modificato domenica 08 novembre 2009 13:00

Jocelyn Quivrin ♥

Jocelyn Quivrin ♥

# Postato giovedì 18 giugno 2009 16:45

Modificato lunedì 16 novembre 2009 11:37

Continuer d'avancer jusqu'à ce que toute vie s'arrête.

  Continuer d'avancer jusqu'à ce que toute vie s'arrête.


- Où sommes-nous aujourd'hui, Mamie ?
MCElle a posé sur moi son regard vague, fatigué, et m'a répondu :
- Ne fais pas l'idiote, Jan. Et ne t'en va pas courir partout. J'ai beaucoup de courses à faire et je ne veux pas rater le car de quatre heures. Aide-moi plutôt à porter les paquets.
MCLe seul problème était que nous ne faisions pas les magasins et que je ne m'appelle pas Jan, mais Tracey. Jan, c'était ma tante, morte depuis des années.
MCJe venais voir Mamie chaque jour, je restais assise auprès de son lit pendant des heures, à lui parler. Je pense qu'elle ne comprenait pas grand chose. Un instant, elle croyait que nous étions en train de regarder la télé à la maison; l'instant d'après elle me préparerait pour l'école ( en me prenant pour ma mère ) ; un peu plus tard, nous serions chez les voisins, à boire le café.
MCEn réalité, Mamie ne se trouvait ni là ni ici. Elle était à l'hôpital. Elle s'était fait renverser par un gamin en deux-roues qui s'était cassé le col du fémur. On l'avait opérée, mais à son réveil son esprit s'en était allé. Chaque jour ressemblait à l'autre : son état ne semblait pas s'améliorer.
MCUn après-midi, j'étais là quand le médecin est venu l'examiner. Il m'a parlé.
- Elle peut continuer comme ça pendant longtemps. C'est comme si tout l'avait quittée mais son corps est encore en vie. Son c½ur bat. La machine tourne mais l'usine est fermée.
MCJe l'ai trouvé cruel de parler ainsi devant elle, mais sans doute ne comprenait-elle pas.
MCQuand Mamie a cessé de manger, j'ai commencé à faire des marchés avec Dieu.
" Si tu fais qu'elle se remette à manger, j'arrête de fumer. "
MCLe lendemain, j'ai rencontré l'infirmière en arrivant.
- On a été bien gentille aujourd'hui, m'a-t-elle dit. On a pris un sandwich et un bol de bouillon.
MCJ'ai arrêté de fumer.
MCUn soir, quelques jours plus tard, je rentrais à la maison en bus, après ma visite à Mamie. Son état était désespéré - elle parlait à son reflet dans le miroir, délirait à propos d'hommes qui lui faisaient des propositions. Je crois qu'elle ne savait même pas que j'étais dans la pièce. C'était déprimant. J'ai passé un autre marché.
" Si tu fais qu'elle me reconnaisse, j'arrête de sécher les cours. "
MCC'était vendredi. Le dimanche, j'étais là depuis une demi-heure quand soudain elle a ouvert les yeux et m'a dit, de sa voix normale, claire :
- Tiens, Tracey chérie. Ça fait longtemps que tu es là ?
- Quelques minutes seulement. Tu dormais.
MCJ'ai arrêté de sécher les cours.
MCNous avons parlé pendant 10 minutes environ avant qu'elle s'assoupisse. Elle savait où elle était, elle savait ce qui lui était arrivé, elle m'avait questionnée sur tout le monde et comment ils allaient. Un petit moment seulement, elle s'était embrouillée, quand elle avait cru que Papy était encore vivant.
MCA peu près à cette période de ma vie, je m'étais liée avec un gars qui s'appelait Blue, et avec ses copains. Ils n'avaient pas très bonne réputation, et c'est peu de le dire. Ils étaient beaucoup plus âgés que moi et possédaient tous des motos, de grosses motos. Ils formaient ce qu'on appelle un bande. Tout le monde me disait de rompre avec eux - les éducateurs, mes professeurs, même mes amis me conseillaient de ne pas me laisser entraîner.
MCAlors, j'ai fait un dernier marché avec Dieu.
" Fais que Mamie aille mieux et je plaque Blue. "
MCMamie est morte cinq jours plus tard, pendant que je lui tenait la main. Le même médecin était là. Il a dit :
- Tout finit par s'arrêter. Pas la peine de pleurer.
MCJe ne pleurais pas. Blue et ses copains partaient le lendemain pour le Nord. Je suis partie avec eux, derrière Blue sur sa BM. Nous avons tellement ri.



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# Postato venerdì 31 luglio 2009 07:56

Modificato mercoledì 04 novembre 2009 10:35